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Ecoconception, étiquette énergie : kezako ?

Elles sont inconnues du grand public et ont pourtant un impact majeur sur de nombreux produits de consommation et les factures d’énergie. Mais qui sont les directives écoconception et étiquette énergie ?

Réaliser l’écoconception d’un produit signifie prendre en compte tous les impacts environnementaux dès le début de sa conception : 80% de ces derniers sont déterminés lors de la phase de design.

Quand un fabricant conçoit un produit écoconçu, il doit considérer l’ensemble des composants et options de ce dernier, l’objectif étant de le rendre plus sobre en énergie, plus facilement réparable et recyclable. La directive écoconception, qui interdit l’accès du marché européen aux produits peu respectueux de l’environnement, incite les industriels à emprunter cette voie. "Soeur" d’écoconception, la directive étiquette énergie informe et incite les consommateurs à sélectionner les produits les plus performants. L’une pousse vers le marché vers le haut, l’autre le tire.

Si nos produits étaient tous écoconçus, nous ferions énormément d’économies d’énergie : l’équivalent de la production de 70 centrales nucléaires de nouvelle génération ou bien l’équivalent de 180 réacteurs Fukushima d’ici à 2020.

Nous sommes plutôt chanceux d’avoir ces directives à disposition même si les exigences ont jusqu’ici uniquement concerné la consommation d’énergie. Le cadre réglementaire permet en théorie de les élargir afin de limiter l’utilisation de matériaux rares ou bien améliorer la réparabilité ou le recyclage. Espérons que la révision prévue pour 2015 améliorera l’utilisation qui est faite de la directive écoconception.

Le potentiel d’économies d’énergie reste aujourd’hui très important. Considérons les sèche-linge : sans régulation interdisant l’accès aux modèles les plus énergivores, la surconsommation d’énergies serait équivalente à la consommation de 170 millions de télévisions d’ici à 2020 !

Inconnue du grand public, la directive écoconception est avec la directive étiquette énergie le levier européen le plus puissant en matière de lutte contre les changements climatiques. Elles permettent également aux européens et aux entreprises d’économiser des milliards d’euros de facture.

Ces directives ont donc beaucoup de potentiel et la coalition "Coolproducts for a coolplanet" souhaite qu’il soit exploité à son maximum.

Comment faire ?

L’un des problèmes majeurs de ces textes est leur extrême lenteur : il faut jusqu’à 6 ans pour parcourir le chemin séparant la première étude à la publication des textes. Il faut accélérer !

Deuxième problème : l’équipe de la Commission européennes en charge de ces dossiers est beaucoup trop réduite. C’est extrêmement dommageable car ces textes ont un "rapport qualité-prix" très intéressant : pour chaque euro investi dans la mise en oeuvre de ces textes, 5000 sont récupérés sous forme d’économies d’énergie. Pas besoin d’être comptable pour comprendre l’intérêt économique de ces textes.

Enfin, plusieurs industriels exercent un lobby important pour ralentir tout le processus. Tous les fabricants ne sont cependant pas à mettre dans le même panier : Bosch/Siemens, Electrolux et d’autres sont en faveur de plus d’ambition.

Quelques chiffres :

- une mise en oeuvre cohérente de la directive écoconception permettrait d’économiser 600 TWh d’électricité et 600 TWh de chaleur par an d’ici 2020. C’est l’équivalent de 17% de la consommation européenne d’électricité et 10% de celle de chaleur. Traduit en CO2, cela fait 400 Mtonnes en moins dans l’atmosphère par an : c’est à peu près le potentiel du système européen d’échange de quotas CO2 ;

- cela représenterait pour les consommateurs et les acteurs économiques une économie annuelle de 90 milliards d’euros par an (1% du PIB européen) d’ici 2020, soit environ 280 € par ménage et par an ;

- réinvestir ces économies dans d’autres secteurs de l’économie résulterait dans la création d’un million d’emplois.

- la dépendance aux importations de gaz serait réduite de 23%. Cela permettrait à l’Europe de réduire de moitié ses importations venues de Russie

(Source : Ecofys 2012).

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