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La réglementation : meilleure alliée de l’innovation industrielle et du climat

Les chefs d’Etat ne sauveront ni l’économie européenne ni le climat s’ils comptent sur la seule main invisible du marché pour y parvenir. Si l’on veut agir pour la planète, il faut établir des normes et adopter des exigences règlementaires.

Dans certains secteurs, ces règles existent : les directives européennes éco-conception et étiquette énergie sont méconnues pourtant, en définissant la performance énergétique et environnementale d’un certain nombre de produits, elles génèrent des économies d’énergie colossales. Elles incitent les entreprises à innover pour rendre leurs produits plus efficaces. Grâce à elles, les consommateurs réduisent leur facture énergétique et le climat est beaucoup moins dégradé.

A l’heure actuelle, tenter de réglementer le marché passe pour un sacrilège voir une faute, surtout à l’heure ou l’Europe est taxée de vouloir nous imposer son diktat. Face à ces préjugés, il faut au contraire promouvoir ces politiques menées en Europe et faire l’effort d’expliquer l’intérêt de ces textes techniques et difficiles d’accès pour les citoyens. « Les bureaucrates européens n’ont vraiment rien d’autre à faire que de réglementer les aspirateurs ! Ils feraient mieux de nous sortir de la crise dans laquelle nous sommes... » peut-on entendre. Ces critiques sont infondées.

Parlons d’aspirateurs économes

Depuis plusieurs années, la directive éco-conception interdit aux produits peu respectueux de l’environnement l’accès au marché européen ; et la directive étiquette énergie informe et incite les consommateurs à sélectionner les produits les plus performants. Ces textes sont essentiels. Parlons d’aspirateurs justement. Depuis un an, les exigences d’éco-conception et d’étiquetage énergétique sont entrées en vigueur pour ces produits. Le bilan est sans appel : les produits les plus énergivores ont disparu massivement. Près de 40 % des modèles disponibles sont dorénavant classés A. Les produits ont certes augmenté en moyenne de cinq euros à la vente... mais cette hausse est remboursée via les économies d’énergie générées en un ou deux ans. Enfin, des produits plus silencieux (moins de 60 dB soit l’équivalent de celui d’un lave-linge) apparaissent et améliorent le confort des consommateurs.


Source : GfK

Des radiateurs électriques sans étiquette

Dans la catégorie des chauffe-eaux, chaudières et pompes à chaleur, l’exigence d’écoconception et d’étiquette énergie est entrée en vigueur le 26 septembre 2015. Discrètement, ces textes devraient modifier considérablement le marché des équipements de chauffage avec à la clé une économie gigantesque : 56 millions de tonnes équivalents pétrole (tep) par an d’ici 2020.

La France doit donc tenir le cap des économies d’énergie. Pour cela, l’Etat devrait par exemple commencer par imposer des étiquettes énergie ambitieuses à ces radiateurs électriques. Malheureusement, comme c’est souvent le cas lorsqu’une décision européenne doit être prise pour fixer des exigences plus vertueuses, il fait marche arrière. Il capitule sous la pression des industriels qui se sentent menacés face aux changements de réglementation plutôt que d’en saisir toutes les opportunités.

L’exemple des télés Samsung

Les premiers pénalisés sont les consommateurs bien sûr mais aussi les industriels les plus audacieux qui se sont eux engagés dans l’innovation. Une fois les règles fixées, l’Etat se doit ensuite d’assurer le contrôle du respect de ces nouvelles normes. L’exemple des téléviseurs Samsung montre que les tentatives de contourner les lois existent bel et bien et que la surveillance des marchés doit être renforcée. La France, très à la traine, doit se doter d’une autorité digne de ce nom.



Les billets de ce blog ne représentent pas nécessairement le point de vue de toutes les associations partenaires.

 

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