Cool Blog

Les économies d’énergies ne tiennent parfois qu’à un mode

Les règlements écoconception prennent des années de préparation et de déploiement. Après ce travail acharné, les économies d’énergie prévues pourraient elles disparaitre à cause d’un simple bouton pressé ?

La triste réponse est malheureusement oui. En effet, de plus en plus de produits offrent divers modes de fonctionnement. Prenez les chauffe-eau par exemple. Certains proposent une fonction de préchauffage qui garde constamment de l’eau chaude en cas de besoin, et un mode "éco" qui désactive le préchauffage. Donner le choix est bien sûr une bonne chose sauf peut-être si cela aboutit à la désagréable surprise de recevoir une facture beaucoup plus élevée que prévue. Les différents modes de fonctionnement pourraient avoir un impact considérable sur la consommation d’énergie. La question est donc la suivante : celui ou ceux pris en compte pour définir l’étiquette énergie reflètent ils l’utilisation normale du produit considéré ?

Les règlements écoconception (n ° 814/2013) et étiquette énergie (n ° 812/2013) récemment publiés (septembre 2013) pour les chauffe- eau et les ballons de stockage d’eau chaude ne contiennent aucune référence à ces deux modes de fonctionnement précédemment cités. Les fabricants sont donc libres de profiter de ce trou dans la raquette pour choisir le mode permettant d’obtenir la meilleure étiquette énergie même si celui-ci n’est dans les faits jamais utilisé par le consommateur. Comment dès lors inciter les industriels à jouer le jeux de l’efficacité énergétique sans possibilité pour eux d’une valorisation des produits performants ? Alors que l’étiquette énergie rentre de plus en plus en ligne de compte lors d’un achat, la tentation peut être forte pour certains consommateur d’inventer des modes "fantaisie" jamais utilisés par le consommateur mais permettant d’obtenir une bonne note énergie.

Ce vide juridique menace de réduire à néant les économies d’énergie prévues par certains textes, et avec elles les progrès visant à faire de l’Europe un meilleur endroit pour vivre, travailler et exporter. Impossible par ailleurs pour les autorités de surveillance de corriger les distorsions du marché. Il est pourtant déjà possible de combler cette lacune, au moins pour les chauffe-eau grâce au document « méthodes de mesure transitoires » en cours d’élaboration. La prochaine étape est ensuite de combler ce vide dans les travaux en cours sur les normes CEN pour mesurer le rendement de ces équipements.

Ce problème des modes existe déjà pour les lave-linge et les sèche-linge et est susceptible de faire tâche d’huile. La Commission européenne devrait se saisir de ce sujet au plus vite pour protéger ces textes européens parmi les plus performants en matière d’efficacité énergétique et de lutte contre le changement climatique. Enfin, l’analyse du comportement des utilisateurs lors des études préparatoires doit être renforcée et doit aller au delà des études de marché et des données de l’industrie.

Le choix du consommateur peut jouer un grand rôle dans la transition énergétique à condition qu’on l’oriente vers des produits véritablement efficaces dont le rendement affiché reflète la façon dont il est utilisé dans la vie quotidienne.



Les billets de ce blog ne représentent pas nécessairement le point de vue de toutes les associations partenaires.

 

Cool Blog

Nos derniers Tweets